une-nouvelle-etrave-pour-l-imoca-hublot

Une nouvelle étrave pour l’IMOCA Hublot

28.12.2023


Après deux saisons sans modification majeure et des résultats souvent irréguliers face à une flotte de bateaux davantage optimisés, Alan Roura et son équipe vont enfin pouvoir mettre leur chantier d’hiver au profit d’améliorations réelles, avec la mise en place d’une nouvelle étrave. Remise à l’eau prévue au printemps avant la reprise de la compétition dès fin avril. 

C’est un sujet récurrent, qu’Alan Roura a par maintes fois abordé : l’IMOCA Hublot, plan VPLP de 2019, n’a jamais évolué, structurellement, depuis sa toute première mise à l’eau. Hormis une légère modification d’étrave suite à son abandon sur le Vendée Globe 2020, le 60 pieds ultra révolutionnaire dessiné pour Alex Thomson n’est désormais plus tout à fait au goût du jour. Alors que les bateaux de nouvelle génération abordent des carènes et des foils de plus en plus polyvalents, permettant notamment de voler au près par 15 noeuds de vent, le voilier jaune et noir est parfois à la peine, munis de foils en C pensés pour le portant et d’une forme avant de coque presque « vintage » au regard des étraves arrondies qui s’alignent aujourd’hui sur les départs de course. Car même les bateaux de génération similaire, voire antérieure, sont tous depuis passés par la case « chantier de modification » et seul Hublot demeure dans sa version initiale, avec son bout du nez pointu, qui aime jouer à faire effet ventouse au moment de fendre la mer. 

« Depuis notre première navigation sur le bateau, nous avons remarqué que la forme de l’étrave n’était pas optimale et avait tendance à freiner le bateau aux allures portantes, explique Alan Roura. C’est une forme d’étrave assez classique pour cette génération de bateau, la carène a été étudiée pour naviguer sur mer plate, dans des conditions légères. Mais en réalité, dans le gros temps et dans la mer formée, l’étrave ne passe pas. Dès que le brion, l’angle de la coque, touche l’eau, l’étrave se fait aspirer, le bateau enfourne et peut perdre de 2 à 10 noeuds de vitesse en un seul « planté ». Sur le Retour à La Base, j’ai fait un arrêt-buffet en passant de 30 à 8 noeuds en moins de 3 secondes ! » En 2024, il sera donc enfin l’heure pour le marin suisse de s’attaquer à un vrai chantier d’optimisation, « spatulant » à son tour l’étrave qu’il a tant observée (et détestée) ces deux dernières années. « Depuis le rachat du bateau, nous avons amélioré tout ce que nous avons pu avec les moyens humains et financiers dont nous disposons : plan de pont, petits réglages, voiles… Après deux saisons sans encombre, nous sommes parvenus à optimiser notre budget technique et allons donc pouvoir nous permettre de modifier notre étrave. » Et le changement s’annonce radical ! 

4 MÈTRES D’ÉTRAVE EN MOINS

Chaque bateau de la Classe IMOCA étant unique, chaque étrave l’est ainsi tout autant. Les constructions et modifications observées étant intimement liées aux budgets des teams, un autre facteur entre toutefois en compte dans les choix de design effectués : l’emplacement des foils. « Plus les foils sont avancés, plus le bateau s’élève et moins l’étrave a besoin de « rebondir » sur l’eau, détaille le skipper. Nos foils à nous sont très reculés, nous devons donc véritablement changer la forme de notre étrave, un peu à l’image de ce qui a été fait par DMG Mori et Prysmian. La ligne du bateau va donc beaucoup changer… » Près de 4 mètres de l’avant de la coque vont en effet être découpés dès début janvier, « jusqu’à la moitié du franc-bord du bateau », tandis qu’un important travail a également été effectué au niveau des volumes, dans le but d’affiner les points d’entrée dans l’eau. Ce qui devrait donner à Hublot « un petit air de déjà vu sur l’America’s Cup » ! 

Pour atteindre son objectif de « rebondir au-dessus de l’eau tout en gardant de la puissance », Alan Roura a décidé de faire confiance aux architectes du cabinet VPLP, déjà auteurs des dessins du bateau avec l’équipe d’Alex Thomson, « venus naviguer plusieurs fois cette année et qui ont constaté la même opportunité de progression ». Pour la mise en oeuvre des modifications, le Team a choisi le chantier breton Magma, basé à Questembert, qui a déjà entamé la construction du nouveau fond de coque. « La mousse est en train d’être positionnée avant d’être thermoformée puis collée », se réjouit Alan, alors que la livraison de la pièce et sa mise en place sont prévues pour la fin du mois de janvier. Avec un gain théorique de 3 noeuds dans chaque redescente, un passage dans la mer plus facile, une vie à bord plus aisée et une moyenne de vitesse quotidienne forcément améliorée, on imagine combien le Genevois doit être pressé de retourner naviguer. Rendez-vous au printemps pour la révélation de l’IMOCA Hublot, version 2024 ! 

PROGRAMME 2024

Hiver 2024 : Chantier de modification de l'étrave de l'IMOCA Hublot 
Printemps 2024 : Remise à l’eau de l'IMOCA Hublot 
28 avril :  Départ de The Transat CIC
29 mai : Départ de New York - Vendée 
10-15 septembre : Défi Azimut - Lorient Agglomération 
19 octobre : Ouverture du Village du Vendée Globe aux Sables d'Olonne 
10 novembre : Départ du Vendée Globe




Photo © Jean-Louis Carli / Aléa



SPONSORS