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Transat Jacques Vabre : « Il va falloir qu’on remette ça ! »

22.11.2023

Le rendez-vous est-il déjà pris pour dans deux ans ? À leur arrivée à Fort-de-France, Alan et Simon avaient un goût de trop peu. Quelque peu amer aussi, celui d’un résultat sportif en-deçà de leurs ambitions, eux qui visaient un Top 15 et se sont constamment battus pour. Mais de trop peu, surtout donc, tant leur association s’est déroulée à merveille, les deux compères confiant sur les pontons martiniquais avoir partagé un dernier apéritif, lundi soir, se promettant de « remettre ça ». Réactions à chaud.

Alan : « Au final c’était rapide, c’est cool d’arriver en Martinique, on a eu le temps d’apprécier la côte aujourd’hui ! (Rires) C’était un peu longuet ! Pendant une heure on s’est dit que dans une heure on était au port. Un peu comme les routages qui pendant trois jours nous donnent 9 jours pour arriver. On croit parfois à des blagues du programme ! »

Simon : « Le départ était assez tonique, avec un réveil très tôt, cueillis à froid, à devoir attendre ensuite sur l’eau et enchaîner direct avec du près, des virements, un passage de front. On sort du premier front avec un peu de retard, pas si étonnés finalement car on sait qu’on a souvent un peu de peine au près, surtout que ça mollissait devant Cherbourg. On a eu du mal à garder de la vitesse dans le vent qui tombait, une mer courte et du courant. On ressort de là un peu étonnés de voir autant de casses dans la flotte, mais après c’était pas mal, on a eu une phase assez cool, les angles se sont un peu ouverts et on a eu possibilité d’accélérer un peu dans des conditions qu’on n’avait pas eu l’occasion de tester en entraînements après les modifications du bateau. C’était sympa de voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. »

Alan : « Et après on a eu la molle ! Dans notre course, il y a eu un avant et un après Cherbourg. Pour nous, tout commence à Cherbourg ! On a tiré deux bords qui n’étaient pas les bons. Le bateau de devant a fait les mêmes, mais il était un mille devant et lui c’est passé. Et nous pas du tout. Ce mille-là s’est transformé en 10 milles puis en 40 milles et ces 40 milles sont ceux qui laissent passer ceux de devant dans la molle aux Canaries et pas nous. On ressort avec 100 milles de retard et ce sont les 100 milles qui nous manquent à l’arrivée. C’est fou comme ça part toujours par devant ! À ce moment-là, quand on longe le Portugal, on a toujours l’option Nord en tête. Et on se torture pendant des jours, à se dire qu’ils n’allaient pas y aller, que tout le monde allait au Sud et là, boum, il y a un petit paquet qui vire. »

« L’option Sud : parfaite pour se comparer »

Simon : « Mais finalement l’option Nord était la plus mauvaise configuration pour nous. On voulait aller au Sud pour régater aux côtés des foilers avec lesquels on aimerait batailler, pas ceux de dernière génération mais de génération juste avant. On s’est dit que ce serait parfait pour se comparer. La porte se ferme alors pour ceux de derrière qui n’ont finalement plus trop d’autre choix que de faire la route Ouest. Et là, on se dit déjà que c’est quitte ou double. Que si la route est aussi rapide que ce que disent les prévisions, ça va être tendu à l’arrivée ! »

Alan : « On s’est rendus compte hier que ça n’allait pas passer avec ceux du Nord. Et ça fait tout de suite +6 places à l’arrivée. On doit être une dizaine de bateaux frustrés de cette option Sud qui n’a pas autant payé. Mais on savait que le risque existait quand on l’a pris. »

Simon : « En-dessous de 10-12 noeuds c’est plus dur pour nous de bien avancer. Mais au-delà du résultat, on reste satisfaits au regard de ce qu’on était venus chercher comme expérience et comme réponses. On a fait de la régate au sein de notre groupe et ça c’était chouette. »

Alan : « Notre objectif était le Top 15, de naviguer avec les bons bateaux et on a eu des phases où on est vraiment bien revenus… C’était tout de même une belle course, hormis le classement, et on retient du super positif, dont notamment quelques bords incroyables avec Bureau Vallée avec qui on a passé quelques jours bord à bord. On a dû les énerver à un moment, parce qu’ils n’arrivaient pas à nous passer, et on les a vus empanner d’un coup et partir plein Nord. Ils devaient essayer de sauver les meubles par rapport à ceux du Nord. On a finalement vécu pas mal de rebondissements, on a eu plusieurs targets tout du long, on a remonté pas mal de bateaux dans ceux qu’on s’étaient fixés comme objectifs au début. Il n’y a que ce matin où on y croyait encore par rapport à Romain, parce qu’hier on a appuyé très fort, mais ils sont repartis devant et on n’a pas réussi, ni à recoller, ni à les dépasser. »

100 milles de retard en sortie des Canaries, 100 milles qui manquent à la fin  

Simon : « On n’a pas réussi à être aussi rapides qu’on l’aurait voulu, comme Guyot ou Prysmian, dans un alizé finalement assez faible, et on a pris trop de retard dès le début puis dans la molle pour pouvoir rattraper le groupe de devant nous et ne pas se faire repasser par tout le paquet du Nord qui redescendait. »

Alan : « L’alizé était assez particulier car la pression partait dans l’Ouest et plus tu étais derrière moins t’avais de vent. Guyot et Prysmian ont réussi à partir, nous on a réussi à laisser Cali derrière, et ça n’a fait que ça. Et à un moment tu ne remontes plus -parce que devant ils sont à 20 noeuds, toi tu es à 16 et derrière ils sont à 12. »

Simon : « On reste des compétiteurs, on a envie que ce soit à la fin qu’on voit qu’on a bien régaté. Ça reste un peu en travers forcément… Il va falloir qu’on remette ça parce que le résultat n’est pas assez bon à la fin ! »


Photo © Jean-Louis Carli / Aléa / Transat Jacques Vabre 



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